Me voici accueilli dans une belle villa à Brignoles accompagné de son habitante, en cours de contemplation d’un PC portable Acer A315 sous Windows 10 (4Go de RAM, un disque dur classique 1To, ecran 15 pouces); Un ordinateur oserais-je dire bas de gamme qui met plusieurs heures à aboutir à l’ouverture de session (je n’ai pas expérimenté sur place mais je crois sur parole mon obligée). Une machine très basique certes mais remplie de photos de famille et documents personnels qui lui sont chères. Voilà pour le topo.
Je règle les paramètres du BIOS pour démarrer (booter en franglais) sur ma clef USB enrichie de Ventoy et de l’environnement de récupération StrelecPE. Cela se fait en tapotant au démarrage la touche F2 du clavier, et lance sur ce Windows autonome Hard Disk sentinel (intégré à StrelecPE); l’état du disque dur est critique.
L’explorateur Windows a bien du mal à me révéler le contenu du disque interne car je doit attendre 5 minutes pour visualiser les nombreux fichiers placés dans la rubrique Document. A ce stade je ne peux que proposer d’emmener le PC en atelier à ma cliente pour tenter une récupération d’urgence de ses précieux et vérifier si d’autres détériorations existent (RAM en défaut, carte mère etc..).
Choix de l'environnement de récupération
Travailler sur un disque dur avec des secteurs défectueux est pénible dans un environnement Windows; Et StrelecPE en est un. L’exploration des fichiers est très ralentie, les erreurs d’accès s’ammoncellent; Je voulais aussi réitérer ma bonne expérience passée sur l’utilisation d’un environnement bootable de récupération sous système Linux.
Mon choix s’est arrêté sur System rescue CD, un support de démarrage sous license libre hautement spécialisé dans la récupération et réparation des systèmes endommagés, Linux comme Windows. Présent de longue date (1996), il est régulièrement amélioré et mis à jour, sans fioritures pour garder le meilleur de la rapidité de la gamme des Linux allégés.
Apès démarrage sous System rescue CD mon bon ressenti est consolidé: Malgré l’état dégradé du HDD, et grace au support un peu particulier du système de fichier NTFS, l’exploration du disque bien que ralentie, n’est pas aussi pénible qu’en base Windows.
Choix du logiciel de récupération
Avant tout l’esprit de cette récupération: Nul besoin de récupérer absolument tous les fichiers comme dans le cas où des documents juridiques seraient en détresse, et que chaque pièce doive dans la mesure du possible au travers d’un volume de stockage mourrant, être impérieusement récupéré. Au delà de la faisabilité d’une telle gageure, le délais de recouvrement pourrait, avec des logiciels professionnels spécialisés et des changement physiques de pièce en salle blanche, totaliser des semaines de travail.
La nature des fichiers les plus importants à récupérer est photographique, et nombre de clichés constituent plus ou moins de vagues doublons d’autres images et tirages de portrait comme chez tout un chacun de nous, multipliant pour une même scène les points de vue et variations d’éloignements du sujet visuel.
En conséquence je table sur un logiciel intégré à System rescue CD, né en 1996 puis amélioré et stabilisé tout au long de ces longues années qui le sépare de l’an 2024: Rsync. Bien que spécialisé dans la synchro réseau, l’outil cache de solides et éculées capacités préservatoires, comme on le verra bientôt.
Mais je dois « Monter » le disque interne au PC ACER et un disque dur externe USB qui accueillera les données récupérables. (Monter: Rendre accessible le contenu d’un volume de stockage connecté au système en créant un dossier virtuel amenant au contenu dudit volume). Commande simplissime avec mountall dans le Terminal.
Les captures sont pour la plupart issues d’une reconstitution sous machine virtuelle pour un maximum de clarté et visibilité. Mountall après un montage difficile du disque en faute (30mn d’attente) réussit son office, j’explore chaque dossier virtuel issu du montage depuis le dossier « File System > mnt » pour trouver celui correspondant au disque interne; C’est nvme01p2. j’y retrouve bien les données clientes. Quand à Sda1 il correspond au disque externe sain qui acceuillera les fichiers récupérables.
Tout est en place, reste à lancer la commande RSYNC en vérifiant bien que l’ensemble du matériel est physiquement bien calé: Chargeur bien enclenché branché au PC portable, aucun fil ou objet informatique divers à proximité immédiate du bouton ON/OFF, et disque externe correctement positionné. Car le temps de sauvegarde à mon estime risque de s’étirer sur 3 jours! La formule magique est rsync -auv –ignore-errors » / Dossier à sauvegarder » » / Dossier de sauvegarde « .
Ci-dessous une photo de la récupération réelle et non une capture sur VM; Une partie des fichiers listés sont suivis de la mention failed: input/output error (d’ailleurs le début de ce log commence mal…). Ceux là ont la malchance d’être enregistrés sur des secteurs disques corrompus, leurs dépouilles informatiques lacunaires accompagneront bientôt le disque dur en récupération, mais cette fois-ci de déchetterie.
Finalement au bout du nombres de jours pressentis (ce fut 5 jours) le sauvetage est terminé, plusieurs gigas de données personnelles se lovent en sécurité au sein du dossier cible, et Rsync n’a pas failli entre-temps (ce qui me conforte dans mon initiative d’opter pour ce logiciel éminemment stable dans le contexte d’une récupération partielle).